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Rigidité thoracique: Effet secondaire gravissime des opioïdes et place du Nalaxone dans la prise en charge




Vers la fin des années 1960, l’administration systématique des opioïdes présentait un pilier fondamental de l’anesthésie moderne, à l’instar des hypnotiques et des curares. En pratique courante, les praticiens ont tendance à utiliser les opioïdes, qui sont des dérivés synthétiques et se marquent par leur puissance et leur durée d’action courte en comparaison avec la morphine, l’opiacé de référence. Sauf que ses dérivés, d’ailleurs comme toute substance médicamenteuse, ne sont pas dénués d’effets indésirables. Des effet parfois incoercibles qui peuvent obérer le pronostic vital. Dans ce billet je vais vous parler de la rigidité thoracique, une complication gravissime de l’administration des opioïdes qui exige une prise en charge immédiate.

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Rigidité thoracique: une complication bien sérieuse

La rigidité thoracique induite par le fentanyl a été décrite pour la première fois en 1953 par Hamilton et Cullen. Depuis lors, cette complication s’est propulsé pour devenir de plus en plus connue. Sa survenue est imputée aux opioïdes synthétiques lipophiles tels que le fentanyl, l’alfentanil, le rémifentanil et le sufentanil.

En effet, cette rigidité n’est pas l’apanage de la paroi thoracique, elle touche également les autres muscles respiratoires tels que les muscles abdominaux et peut atteindre les muscles squelettiques. Elle diminue remarquablement la compliance de la paroi thoracique rendant impossible l’insufflation pulmonaire.

Par ailleurs, le mécanisme reste mal compris, mais on est au moins sûr qu’il est induit par une action centrale supraspinale. En effet, le noyau pontin du raphé localisé dans la formation réticulée et le noyau caudé situé au niveau des ganglions de la base (appelés aussi noyaux gris centraux) semblent être impliqués dans ce mécanisme.

Cette complication peut survenir en phase d’induction, avant même que le patient ne perde conscience, et durant la phase de réveil. Son incidence est significativement liée à la nature de l’opioïde utilisé, de sa puissance ainsi que de sa vitesse d’action. Pour un même morphinique la possibilité de survenue de la complication est significativement liée à la dose délivrée et à la vitesse d’injection.

Pour récapituler, l’incidence de la rigidité thoracique dépend de cinq facteurs communémment rapportés dans la littérature:

  • la dose induite;
  • la vitesse de la délivrance de la drogue opioide;
  • âge: nouveau né ou sujet âgé;
  • maladie neurologiques ou métaboliques graves;
  • l’utilisation de médicaments modifiant le niveau de la dopamine.

La première étape incontournable de la prise en charge consiste en le maintien de la ventilation. Quoiqu’il arrive, il ne faut jamais arrêter de ventiler le patient! En outre, il faut penser à antagoniser l’effet de l’opioïde en recourant soit à un curare de courte durée d’action, soit au nalaxone.

Ce que vous devez savoir sur le Nalaxone

Dosé à 0,4 mg/ml, le nalaxone est délivré par voie intraveineuse à raison de 1 à 2 µg/kg.

Présentation

Commercialisé sous le nom de Narcan® ou Nalone®, l’antidote est présenté sous forme d’une ampoule de chlorhydrate de nalaxone de 1 ml (0,4 mg/ml)


Dilution

1 ml de nalaxone dilué dans 9 ml de séurm salé 0,9%. Cette dilution donne une suspension dosée à 0,04 mg/ml. L’administration de 1 ml toutes les deux minutes est susceptible d’antagoniser l’effet du morphinique et de lever la dépression respratoire ainsi que la rigidité thoracique. Sa durée d’action est d’environ 20 à 30 minutes par voie intraveineuse, deux ou trois heures par voie intramusculaire ou cutanée.

Mode d’action

Les molécules du nalaxone entrent en compétition avec les molécules de l’opioïde et se fixent sur les récepteurs cibles de ces dernières.

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