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Œdème de Quincke: Quand l’allergie devient une urgence vitale!




La réaction allergique peut aller de la simple conjonctivite ou la rhinite jusqu’au choc anaphylactique. Bien évidemment, le choc anaphylactique est la réaction allergique la plus violente. Il se manifeste au début par de simples démangeaisons suivies par un urticaire généralisé. Puis apparait un œdème de Quincke qui touche les voies aériennes donnant suite à une crise d’asthme.

L’œdème de Quinke ou encore l’angio-œdème est une manifestation plus sévère du processus inflammatoire ou de la réaction allergique. Touchant le derme et les couches sous-cutanées plus profondes, l’œdème de Quinke est générlement localisé au niveau du visage, des lèvres et des paupières et peut s’étendre sur tout le corps.

Ce gonflement des muqueuses est dû entre autres à une augmentation de la perméabilité vasculaire aboutissant à l’extravasation du liquide intravasculaire. Les voies aériennes ne sont pas à l’abri de ce gonflement. Leur affection peut causer une sensation d’étouffement et d’asphyxie ce qui exige une prise une charge immédiate.

Quels sont les allergènes en cause?

Les allergènes pourvoyeurs d’un choc anaphylactiques sont:

  • des aliments telle que l’arachide;
  • les animaux venimeux: serpents, éminoptères..;
  • le latex;
  • les médicaments: les anti-inflammatoires, les pénicillines et les anesthésiques.

Les différents types de l’œdème de Quincke

On distingue trois types d’œdème de Quincke, en fonction des mécanismes et des substances libérées qui entrent en jeu.

L’œdème de Quincke allergique

Dans ce cas, la réaction allergique est imputée à l’histamine, un médiateur chimique libéré par les mastocytes. En effet, acteurs majeurs de la réaction allergique, les mastocytes libèrent l’histamine contenue dans des granules après une stimulation faisan intervenir les immunoglobulines IgE. L’œdème de Quincke médié par les IgE est souvent accompagné par un urticaire. De surcroït, il peut être causé par des allergènes auxquels le corps a été sensibilisé auparavant.

Toutefois, l’œdème de Quincke peut avoir lieu en cas d’un contact direct avec des allergènes qui stimulent les mastocytes sans faire intervenir des IgE, à savoir les opiacés, l’aspirine, les AINS ainsi que les produits de contraste radio-opaques.

L’œdème de Quincke non allergique

L’affection peut durer plus de 6 semaines et son étiologie est généralement inconnue. En fait, il peut faire suite à une ingestion chronique d’une substance chimique (additif alimentaire, conservateur..).



L’oedème angioneurotique

Baptisé aussi œdème angioneurotique, ce phénomène a été décrit pour la première fois en 1882 par le Pr Quinck. Il implique la bradykinine, une substance vaso-active qui est secrétée d’une façon incontrôlée dans le corps en cas d’allergie. Cette décharge de bradykinine peut être induite pas les anti-hypertenseurs inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC) ou encore par les contraceptifs oraux à base œstrogènes

En plus de l’œdème facial, le tableau clinique peut également associer des vomissements, douleurs abdominales à la palpation en plus d’un œdème laryngé pouvant mettre en péril le pronostic vital.

Cette affection peut entre autre être imputée dans ce cas à une carence ou un dysfonctionnement de l’inhibiteur de C1, dont la principale fonction est d’inhiber le système du complément. Le gène codant pour cette protéïne est localisé sur le chromosome 11 ( la forme héréditaire).

La prise en charge adéquate

En première intention, et dès l’apparition des premiers signes évocateurs de la réaction allergique, à savoir démangeaisons généralisées, rougeur, œdème conjonctivite, voix roque, il faut appeler les secours. De surcroït, il faut veiller à ce que les voies aériennes soient libérées et non envahies par l’œdème. dans le cas contraire, une assistance respiratoire doit être entamée afin d’anticiper  la survenue d’arrêt respiratoire qui peut amener à un arrêt cardio-circulatoire.

Dans le cas où l’œdème est médié par les mastocytes, il faut recourir à un antihistaminique (parfois un corticostéroïde systémique) et à l’adrénaline. Ce duo permet d’alléger les tuméfactions au niveau des voies respiratoires. A titre préventif, toute personne suceptible de développer une réaction allergiques impliquant les mastocytes doit toujours avoir sur elle une seringue pré-remplie pour l’auto injection de l’adrénaline (stylo d’adrénaline).

En revanche, en cas d’œdème angio-neurotique ou encore l’œdème de Quincke bradykinique, l’adrénaline, les corticostéroïdes et les antihistaminiques s’avèrent inefficaces. Dans ce cas on doit recourir à  un concentré de l’inhibiteur de C1. Par ailleurs l’adrénaline peut apporter un bénéfice transitoire dans le cas de crises sévères lorsque les voies respiratoires sont atteintes. une intubation endotrachéale s’impose alors.

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