Réanimation

L’hypothermie prophylactique lors d’un traumatisme cérébral: un abcès à crever

Le recours à l’hypothermie dans le but de réduire la pression intracrânienne chez les patients ayant une lésion cérébrale traumatique, est néfaste: une hypothèse traitée dans une nouvelle étude.

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Image: Patrick Martin©

Les résultats de cette étude, parue dans le New England Journal of Medicine en octobre 2015, étaient si frappantes que l’équipe de Scotland a arrêté l’étude avant son achèvement, lorsqu’une analyse a indiqué que le fait de continuer contredira l’éthique.

«Ce fut une grande surprise», a déclaré Peter Andrews, MD, l’enquêteur en chef de l’étude et professeur en anesthésie à l’Université d’Edinburgh. « Les données de laboratoire, et les petits essais cliniques de l’hypothermie prophylactique pour protéger du cerveau, étaient avantageux. » ajoute-il.

Tout d’abord, les chercheurs ont inscrits 2.498 patients à travers le monde: des adultes avec une pression intracrânienne (PIC) de plus de 20 mm Hg malgré qu’ils aient bénéficié des traitements de première intention, comme la ventilation mécanique et la gestion de la sédation.

Entre Novembre 2009, lorsque le procès a commencé, et Octobre 2014, quand il a été interrompu pour des raisons de sécurité, 387 patients ont été assignés au hasard: un groupe témoin et un groupe hypothermie.

Le groupe témoin a reçu le traitement standard de base ainsi que le traitement de deuxième ligne nécessaire pour contrôler la pression intracrânienne. Cependant, le groupe  hypothermie a reçu l’hypothermie, en plus des soins standards et le traitement de deuxième ligne nécessaire pour diminuer la pression intracrânienne en cas où l’hypothermie ne serait pas efficace.

Les patients des deux groupes, chez qui les traitements de deuxième ligne ont échoué, ont reçu un traitement de troisième ligne, y compris les barbituriques et une craniectomie.

Contrairement à leurs attentes, le Dr Andrews et ses collègues ont constaté que le groupe de l’hypothermie a connu des résultats pires que le groupe témoin. En outre, ils ont observé qu’un résultat favorable, défini par un score de GLASGOW de 5 à 8 et une signalisation d’incapacité modérée ou de bonne récupération, a été observé chez 26% des patients dans le groupe de l’hypothermie, contre 37% des patients dans le groupe de contrôle (différence significative entre les deux groupes  P = 0,03).

« Je ne pense pas que l’hypothermie devrait être utilisée après une lésion cérébrale traumatique.«  Confie Dr Andrews.

Plusieurs autres chercheurs ont exprimé leur soutien vis à vis de l’étude, qui a été présentée en 2015 à la réunion annuelle de Neurocritical Care Society, à Arizona, avant sa publication.

« Ceci est un changement radical dans la façon dont nous traitons les patients », a déclaré Peter Papadakos, MD, spécialiste en anesthésiologie et en médecine des soins intensifs à l’Université de Rochester Medical Center, à New York, et un membre du conseil consultatif à Anesthesiology News.

« Nous options souvent pour hypothermie en cas de lésion crânienne traumatique grave pour réduire la pression intracrânienne. Et je crois que, sur la base de ce document, la pratique va changer. Et cela va conduire à davantage de recherches sur d’autres modalités pour diminuer la pression intracrânienne. On va changer notre vision de l’hypothermie. » a-t-il poursuivi.

Source: Anesthesiology News

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