Anesthésie

La transfusion des érythrocytes augmente le risque de survenue d’une thromboembolie veineuse




La transfusion des dérivés sanguins en peropératoire est susceptible de multiplier par deux le risque de survenue d’une ThromboEmbolie Veineuse (TEV), jusqu’à 30 jours après la chirurgie. Telle est l’hypothèse d’une étude récente parue le 13 Juin dans la revue prestigieuse JAMA Surgey.

thromboembolie veineuse

Définition de la Thrombo-Embolie Veineuse

De toute évidence, la chirurgie est reconnue comme étant un état pro-inflammatoire, susceptible de stimuler le processus prothrombotique. La thromboembolie veineuse présente une cause majeure de morbi-mortalité en périopératoire. Environ 100 000 à 200 000 décès par an sont potentiellement imputables à cette complication, soit 5 à 10% des décès. Toutefois les chercheurs estiment que la mise en exécution d’une gestion proactive évite 70% des décès.

Discussion de l’étude

Cette étude semble être la première à chercher l’existence d’un lien tenu entre la transfusion d’érythrocytes en périopératoire et le risque de survenue d’une thromboembolie veineuse.

les chercheurs suggèrent que les érythrocytes possèdent des propriétés qui leurs permettraient d’induire le processus inflammatoire.

Durant la période de leur stockage, les globules rouges peuvent subir des lésions qui favoriseraient la génèse de caillots sanguins. De surcroît, plusieurs autres études cliniques et animales ont mis en évidence la contribution de la transfusion sanguine au développement de caillots sanguins.

Pour mener à bien leur étude, les chercheurs ont recouru à des données qui ont été collectées prospectivement à partir de la base de données de l’American College of Surgery National Surgical Quality Improvement Program (ACS-NSQIP), qui comprend des informations sur des adultes ayant subi des interventions chirurgicales dans 525 hôpitaux en Amérique du Nord.

Parmi les 750 937 sujets opérés en 2014, 6,3% (47 410) d’entre eux avaient reçu au moins une transfusion sanguine en périopératoire dont 0,8% (6309) avaient developpé une thromboembolie veineuse en phase postopératoire.

Après corrélation avec 11 facteurs de risque associés à la thromboembolie veineuse, les chercheurs ont noté que la transfusion périopératoire de culots de globules rouges est significativement associée à la probabilité de la survenue d’une thromboembolie veineuse, évidemment, le risque est multuplié par deux.



D’autre part, Il ont signalé l’existence d’un effet dose-réponse significatif entre la transfusion des érythrocytes et l’incidence de la thromboembolie veineuse. En fait, les risques ont été multiplié:

  • par 2 pour une seule transfusion;
  • par 3 pour deux transfusions;
  • par 4,5 pour plus de trois transfusions de culots globulaires.

Par ailleurs, ces résultats nécessitent une validation prospective dans des études de cohortes ainsi que des essais cliniques randomisés. Au cas où les résultats seraient probants, une gestion rigoureuse et optimale de l’acte transfusionnel doit être établie en plus d’une prophylaxie thromboembotique veineuse.

L’étude a été soutenue en partie par le National Institutes of Health et Weill Cornell Medical College. Les auteurs n’ont révélé aucune relation financière pertinente.

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