Maladies Selon terrain

L’anesthésie d’un patient atteint d’une sclérose en plaques




La sclérose en plaques (SEP) est une maladie neurodégénérative dont les lésions ont une topographie en plaques.  Pour des raisons encore méconnues, le système immunitaire se dérègle et attaque la gaine de myéline (une gaine qui protège les nerfs).

En effet, Cette maladie s’attaque à la myéline du cerveau et de la moelle épinière provoquant ainsi une inflammation et une détérioration de la myéline par plaques.

sclérose en plaques

Plusieurs études ont débouché sur le fait que cette atteinte est largement influencée par des facteurs environnementaux et génétiques. La sclérose en plaques est loin d’être une maladie d’ordre héréditaire, néanmoins la susceptibilité d’atteinte est déterminée par le patrimoine génétique; au fait, il existe une sur-représentation de certains allèles du système HLA.

Il s’agit d’une maladie auto-immune, où des anticorps s’attaquent à la myéline, chez un sujet génétiquement prédisposé à la maladie.

Signes cliniques de la sclérose en plaques

Dans sa forme classique, la sclérose en plaques évolue par poussées et le patient présente des troubles neurologiques.

Les signes cliniques à chercher: des paresthésies, faiblesse musculaire, hyperréflexie ostéo tendineuse, ataxie cérébelleuse, diplopie voire même des crises maniaco-dépressives.

Diagnostic

Le diagnostic repose essentiellement sur l’IRM. Cette technique d’imagerie révèle des plaques typiquement péri-ventriculaires.

Les analyses biologiques mettent en évidence des anticorps oligoclonaux anormaux.

Implications anesthésiques

Lors de la consultation pré-anesthésique, l’examen neurologique est une étape incontournable qui permet de quantifier le degré d’atteinte neuromusculaire. Des explorations respiratoires et cardiaques sont fortement recommandées.

Des tests sanguins devraient être préscrits afin de chercher d’éventuels signes d’atteinte hépatique liée à l’utilisation du Dantrolène (Calmant des signes de la sclérose en plaque et de l’hyperthermie maligne). Les traitements immuno-suppresseurs doivent être maintenus jusqu’au jour de l’opération.

Sclérose en plaques: anesthésie générale

Les produits hypnotiques intraveineux et les halogénés ne sont pas formellement contre indiqués. Par contre il faut éviter le Methohexital et l’Enflurane en raison de leur effet épileptogène.

Au cours de l’intervention, il faut assurer une normothermie vu que les variations thermiques sont susceptibles d’altèrer la conduction nerveuse.

En outre, il est recommandé d’éviter les curares dépolarisants notamment en cas de déficit moteur en raison du risque d’hyperkaliémie. Quant aux curares non dépolarisants, il n’ont pas été corrélés à une exacerbation des crises. Mais en cas d’atteinte motrice il vaut mieux surveiller la curarisation car la sensibilité peut être modifiée.

Il faut noter qu’il existe une stimulation de l’activité plaquettaire. C’est pour cette raison qu’on doit prévenir la maladie thromboembolique.




Sclérose en plaques: anesthésie locorégionale

Les techniques d’anesthésie locorégionale sont dans ce cas très controversées. Au fait, aucune aggravation de la sclérose en plaques n’a été observée après une anesthésie péridurale ou rachidienne. Même les anesthésiques locaux n’ont montré aucun effet toxique sur la conduction nerveuse.

La neurotoxicité des anesthésiques locaux serait liée essetiellement à leur administration itérative dans l’espace intrathécal ou épidural étant donné que la barrière hémato-encéphalique devient perméable par le syndrome inflammatoire chronique. On préconise alors l’administration de faibles doses d’anesthésiques locaux associés aux morphiniques.

En général, le patient doit être averti des effets indésirables pouvant survenir ou exacerber les crises. En phase postopératoire,  une surveillance étroite doit être exigée afin d’éviter toute surinfection.

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